« Le président de CME devient force de proposition »
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Interview de Gilles Chauvin, président de la CME du CH Mont-de-Marsan

« Le président de CME devient force de proposition »



Avec la Nouvelle Gouvernance, la CME voit ses attributions élargies. Qu'en est-il pour son président ?
G.C. : Avant la réforme de la gouvernance, le président de CME avait surtout une fonction de représentation du corps médical. Aujourd'hui, mon rôle est beaucoup plus fonctionnel. A travers ma présence au conseil exécutif et au conseil de direction, la CME se trouve impliquée dans toutes les décisions importantes - investissements, projet médical d'établissement, schéma d'organisation des pôles… D'un statut de « puissance occulte », nous sommes passés à celui de force de proposition.

Ce repositionnement ne vous éloigne-t-il pas du terrain ?
G.C. : C'est un risque, en effet. Le président de CME n'a pas vocation à devenir un « directeur médical ». Pour éviter cet écueil, d'une part il convient de limiter les mandats :
le président de CME ne doit pas exercer plus de 2 mandats, comme l'indiquent d'ailleurs les textes. D'autre part, il me semble important qu'il garde un pied dans un service hospitalier. Pour être reconnu par ses pairs, il faut qu'il continue à faire un peu de clinique. Ce qui ne va pas de soi car la fonction de président de CME est très chronophage. Elle nécessite un temps de remplacement médical, souvent difficile à obtenir. En ce qui me concerne, jusqu'à un passé récent une collègue pouvait me remplacer dans le service d'hygiène où j'exerce. Aujourd'hui, je n'ai plus personne !

Quelles sont les autres difficultés auxquelles vous pouvez être confronté ?
G.C. : En plus de cette difficulté à gérer notre temps, il nous faut obligatoirement accéder un certain niveau de compétences dans de nombreux domaines. Car si on veut être écouté, il faut être crédible. On ne nous demande pas d'être un financier, par exemple, mais nous devons doit avoir une vision globale du système et savoir de quoi on parle, aussi bien en face d'un directeur des Affaires Financières que d'un directeur des Ressources Humaines ou des Soins Infirmiers. Pour cela, il faut des formations appropriées. Pour ma part, j'ai suivi de nombreuses formations en management interne, en gestion de crises ou sur d'autres thématiques ciblées.

Manque de temps, acquisition de nouvelles compétences… qui sont les candidats au poste ?
G.C. : C'est un problème. Nombreux sont les établissements qui peinent à dénicher leur nouveau président de CME. Or, le plus ennuyeux, c'est une nomination par défaut. Personnellement, cela fait 10 ans que j'occupe cette fonction. Il faut changer les hommes ! J'estime donc qu'il est temps de passer la main, quitte à revenir aux affaires plus tard car un président de CME sera toujours à même, par exemple, de gérer un pôle. Mais les candidats ne bousculent pas et il me faudra environ 6 mois pour former mon successeur.
C'est une situation paradoxale car pour qui aime décider, la fonction est très motivante. Un exemple : pour un rendez-vous à l'ARH ou à la DDASS, c'est toujours notre binôme directeur/président de CME qui se déplace. Maintenant, on fait vraiment avancer les choses et notre travail est 1000 fois plus intéressant !